Tantrisme : une pratique spirituelle plus que sexuelle
Le 09 mars 2016 à 20h03 – par Agathe Mayer

Le tantrisme est souvent associé à la sexualité et le fameux orgasme tantrique est souvent cité en exemple. Pourtant, le tantrisme est avant tout une démarche philosophique et spirituelle destinée à mieux se connaître et ainsi donner du sens à nos expériences. Explications de Laurent Lacoste, enseignant de tantra.

Tantrisme : une pratique spirituelle plus que sexuelle

 

Le tantrisme, une démarche d’acceptation

Le tantra est une appellation occidentale de pratiques qui regroupent plusieurs philosophies et spiritualités hindouistes et tibétaines. En Europe, le tantra est associé à des techniques de thérapies psycho-corporelles, mais c’est surtout une démarche dont l’objectif est d’apprendre à mettre de la conscience dans nos expériences. Pratiquer le tantra, c’est découvrir ses limites – qui correspondent souvent à des conditionnements sociaux-culturels et familiaux – à les dépasser et à trouver un chemin en adéquation avec soi-même.

Le tantrisme sexuel, fantasme occidental

Si cette discipline séculaire séduit autant dans nos contrées occidentales, c’est avant tout pour « pimenter » les ébats sexuels ou simplement pour en découvrir des aspects méconnus et donc relancer une libido en berne.

« Les sujets concernant la sexualité y sont abordés mais n’en sont qu’une des facettes. Notre sexualité n’est que le reflet de notre être et l’observer, c’est s’observer » explique Laurent Lacoste, enseignant de tantra.

Car effectivement, dans le tantra, la sexualité est sacrée. Pour pratiquer la sexualité tantrique, il est essentiel de bien connaître son corps et ses désirs, afin de pouvoir, à terme, mettre de la conscience dans notre sexualité. L’objectif ? Etre dans une relation hors performance et dans un abandon de soi. Et pour en arriver là, pas de mystère, ça se travaille !

Réinjecter de la conscience à la place de la performance

Par exemple, dans les stages pour couples en particulier, (qui durent une semaine), des « travaux pratiques » à faire chez soi, sont proposés aux couples. Concrètement, il peut s’agir de pénétration sans mouvement, d’un massage avant la relation sexuelle, d’alterner les phases actives et passives, etc.

Il s’agit de leur permettre de « déconditionner » la manière de faire l’amour. « Le but recherché n’est pas technique, mais plutôt de l’ordre d’une fluidité dans le faire l’amour », explique Laurent Lacoste.

Les couples réapprennent à faire l’amour sans objectif particulier (pas d’ orgasme, ni éjaculation à tout prix). « Ces expériences et ces protocoles font souvent appel au bon sens que l’on a perdu. Et ce travail sur les énergies sexuelles va nous apprendre que le désir nous appartient et que nous sommes les créateurs de nos propres désirs».

«Au départ, j’ai choisi de suivre des séances de tantrisme dans la continuité d’une démarche de coaching de couple », explique Magali adepte de la pratique depuis 10 ans. «Même, au bout de 10 ans, c’est toujours éclairant. Cela permet d’aller vers une authenticité de l’être, vers un éveil, une meilleure connaissance de soi, de sa relation aux autres ».

Mieux se connaitre pour mieux s’accepter

Car effectivement, le tantra, c’est avant tout une démarche personnelle d’acceptation de soi, des autres et de la vie, avec, en toile de fond, l’objectif d’atteindre ses émotions, de les comprendre et de vivre avec. « Nous organisons des stages durant lesquels les participants apprennent à s’adapter à la proposition de la vie et à respecter leurs limites. Il n’est pas si facile de connaitre ses limites, d’apprendre à les exprimer. C’est pourtant à partir de là que l’on peut arriver à créer sa sécurité intérieure », rappelle Laurent Lacoste.

Pendant une soirée de tantra, Laurent Lacoste propose des exercices qui mettent en exergue ce qui lie nos rapports aux autres.

Analyser son rapport à l’autre

Dans l’un des exercices proposés, chaque participant doit choisir un partenaire avant même de connaître la nature de l’exercice en question. Dans un premier temps, le participant est amené à comprendre pourquoi il a fait ce choix (a-t-il choisi son partenaire sur des critères physiques ? Si oui lesquels et pourquoi ? etc.). Ensuite, l’exercice consistait en une mise en contact : cela pouvait être en se regardant le plus longtemps possible dans les yeux, en se faisant un massage… Toutes les propositions sont facultatives. Et s’ils ne sont pas à l’aise, les participants peuvent ne pas prendre part à l’exercice. Mais, il est essentiel qu’ils comprennent pourquoi.

Ainsi, le tantra se présente comme un soutien dans le rapport à autrui en nous aidant comprendre les liens qui nous relient avec les autres et à analyser les mécanismes que l’on met en place par défense, par peur ou par habitude.

« Ce qui m’intéresse, c’est de partir à la découverte de soi et d’observer mon comportement avec l’autre, confirme Thibaut, 24 ans, nouvel adepte. J’aime l’idée que cela soit une démarche expérimentale plutôt que théorique pour vivre des expériences et observer ce qu’elles peuvent nous apporter au quotidien ». Pour Magali, «le tantra est un chemin qui te conduit à être raccord avec ce que tu as envie de vivre, une trajectoire d’alignement entre ton âme, ton cœur et ta sexualité ».

Le tantrisme, un sens à la vie

« Le tantra offre des expériences qui vont jouer sur la limite de l’intimité avec les autres, le rapport des hommes aux femmes et vice versa », rappelle Laurent. L’objectif : accepter que la liberté est propre à chacun, que l’autre est libre autant que je le suis. «Ce travail de mise en confiance va impulser de la fluidité dans les relations, permettre de dénouer la parole, et comprendre ce qui se passe dans le corps » détaille l’enseignant de tantra.

« Depuis que je suis des stages de tantra, j’ai changé la façon dont je me positionne par rapport aux autres. J’ai pris conscience que j’ai le choix d’accepter, d’oser dire les choses, d’affirmer mes choix, de respecter l’autre en me respectant », souligne Thibaut.

Intéressé ? Curieux mais septique? Alors sautez le pas ! Mais gare aux gourous qui sévissent toujours dans le monde du développement personnel. « Dès lors qu’un enseignant vous explique comment vous fonctionnez ou comment vous devez fonctionner, partez en courant » illustre Laurent Lacoste. Pour lui, « le tantra est une invitation, une expérimentation et absolument pas des obligations ou des règles à suivre ». Le bouche à oreille reste alors l’une des méthodes les plus sûres pour trouver un enseignant compétent.

Tantrisme : une pratique spirituelle plus que sexuelle
Le 09 mars 2016 à 20h03 – par Agathe Mayer

Tantrisme : une pratique spirituelle plus que sexuelle

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